
Première équipe : Michel “Galax”, Jean-Marie (tous deux qualifiés à Bruxelles) et Miguel, son compagnon d'aventures.
Nous arrivons à Marseille le vendredi vers 20H, vol sans encombres.
Passage chez Hertz, puis nous nous mettons en route pour trouver un resto, ce sera un Courtepaille.
Premier bad beat pour Jean-Marie, la serveuse décide de nourrir son jean à base de dressing-mayo, la soirée démarre !
Trajet animé de 3h, nous voilà à San Remo, à la recherche de notre auberge. Après quelques dizaines de minutes de recherche, nous arrivons à bon port.
Rendez-vous au Casino, trop tard pour la jonction avec l'équipe complète des reporters BP (ayant fait le trajet en voiture). Nous retrouvons Florian à l'entrée.
Deuxième équipe : Buddy, Gdersca, MagicFlo

Nous créons nos cartes, et partons à la découverte des lieux.
Première impression : c'est classe et kitsch à la fois ! Grandes salles fortement éclairées, espace très divisé.
Les recommandations du staff FPT concernant la tenue exigée pour accès s'avèrent inutiles, pas de dresscode, costards et trainings se mêlent autour des tables.
Au bar, nous retrouvons Antoine Dorin (président de la FFJP), Guillaume de la Gorce et Anthony Roux.
Tournée rapide (suivie d'une deuxième), puis nous prenons le chemin de nos hôtels respectifs.
DAY 1

Café et couques industrielles dans un pseudo salon de thé, puis casino pour aller chercher mon précieux sésame.
Il y a déjà foule sur les marches de l'entrée, on peut déjà sentir la tension dans l'air !
Mauvaises nouvelles pour nos reporters, qui ne bénéficieront pas de la connexion avant l'entrée des joueurs, loin d'être idéal pour la mise en place du coverage.
[Au final, ils réussiront leur première connexion après 1H de tournoi, zen indispensable !]
Un tour au resto, j'ai l'estomac serré mais je dois m'alimenter pour les 9 prochaines heures.
J'opte pour une salade, l'imaginant agrémentée de prosciutto et parmesan...
Finalement, c'est jambon cuit et emmental, le tout noyé sous une abondante couche de dressing
Faire 1200 KM pour manger à la cantine, j'adore ça !
On ne s'attarde pas, retour au casino, accès à la salle de jeu une dizaine de minutes plus tard.

Je m'installe à table, remarque d'emblée 2 écussons ClubPoker.
Après 2 minutes, la conversation s'amorce sur WAM, dont 3 membres sont assis près de moi.
1ere info importante : les 2/3 de la table sont “forumisés”, ça devrait jouer assez tight...

Jean-Marie, quelques minutes avant les hostilités

La place de gauche reste désespérément vide, me faisant croire à chaque arrivée de pro qu'il viendra prendre la position de relanceur sur ma personne.
Ce siège restera vide pendant 1 ou 2 niveaux, avant qu'un illustre inconnu ne vienne nous rejoindre.
Les Winamax arrivent en ordre dispersé, en provenance directe de Prague, unique détour par leur hôtel pour une douche de rigueur.








Discours du tournament director, du staff, et c'est parti, “SHUFFLE UP AND DEAL !”
Level 1
25/50
Ca démarre très vite avec KQ en BB, on me raise à 150, je call pour jauger l'adversaire.
Flop A 4 8
Check de part et d'autre
Turn 5
Je check, il bet 250, j'estime que c'est assez, il peut avoir l'As et il n'y a pas de quoi s'emballer sur la première orbite.

Main suivante, 76o en SB, je call après 2 limpers.
Je mise 100 sur un flop Q 6 8 et remporte le coup.
Vient la main qui détermine les 2 heures suivantes :
Je relance avec Q
Flop T
Il check, je bet 250.
Il me raise à 600, je call.
Turn J
Il check, je décide de prendre ma carte gratuite et voir son action river.
River K
Il bet 700, mise plutôt étrange.
Je réfléchis 1 minute, le scrute, et finis par payer.
Il dévoile A
La table est assez estomaquée par mon hero call et ma relance MP avec une main très marginale.
Je prends un avantage sur cet adversaire (que j'appellerai “gentil loose”), qui s'avèrera très précieux par la suite !
A ce moment, je sors carnet et stylo, histoire de redonner un peu de sérieux à mon image
Level 2
50/100
Je call UTG avec 77, préparant un reraise selon le joueur qui bougera.
Miss Jenn raise à 300 en SB, je call avec la position pour étudier le board.
Flop 8 4 4
Je bet 400, elle me relance à 1100.
Longue réflexion : mes 2 options sont une relance conséquente ou un fold.
Je ne peux pas call, car any turn risque de m'ennuyer.
Je finis par faire un weak fold, car je crains la maniaque potentielle...
Je ne laisse pas beaucoup sur cette main, et ça me permet de jauger un adversaire de plus : ce n'est pas sur elle que je prendrai des jetons, il y a assez de types facilement lisibles à table.

Je reçois A
MP2 (joueur plutôt tight) relance à 500 après 2 limps.
Ayant à ce moment un stack de presque 12K, je décide de travailler mon agression de la table.
Je relance à 1300 en étant presque sûr de sa range : AJ ou AK (instafold s'il reraise).
Il suit ma relance, voici le flop :
A T 4 rainbow
Il instabet 2K pour confirmer mon read.
Je réfléchis 3 secondes, et décide de tenter une petite entreprise de déstabilisation.
Je call en annonçant : “si tu as AK, je suis !”
J'aimerais bien sûr toucher ma Q, mais je call surtout pour construire une représentation de 2 paires.
Turn 9
Il checke, idem de ma part pour contrôler le pot.
River Q
Magnifique carte, je n'ai plus à bluffer, reste juste à calibrer mon value bet
Petit acting de réflexion de 10 secondes.
Je bet 3 000 mise qui représente clairement le jeu supérieur à son AK, et lui ouvre en même temps l'option de push ses 7K.
Ayant une image fantasque/sérieuse, c'est aussi une mise presque impossible à ne pas suivre...en tous cas, je l'espère !
Il call pour dévoiler son AK, et prend un solide coup au moral et au stack, je monte à 18 000
[Il me dira après-coup que ma petite phrase a provoqué son check au turn]
Juste avant la fin du second niveau, un joueur en début de parole envoie 300, suivi par ma victime au hijack, et miss Jenn au CO.
Je découvre Ako, et décide de profiter de mon statut de chipleader, je représente un squeeze avec un monstre en main, ce qui peut toujours donner lieu à de belles choses
A ce moment, je suis prêt à aller au coinflip pour la moitié de mon stack.
Tout le monde fold, Jenn dévoile une paire de 4, et je montre mon AK pour compliquer la tâche de mes adversaires au niveau du hand range.


Fin du 2e niveau
Je suis à 20 000, je domine la table et on m'évite.
J'ai réussi à construire une image sérieuse grâce à mon calepin, quelques folds et mon AK final, pour équilibrer mon attitude fantasque sur certains coups de cette première heure.
Je me sens bien à table, et décide de jouer juste assez large pour provoquer les accidents et maintenir mon stack lors des 2 prochains niveaux.
La table :
2 joueurs à éviter, Jenn (2 places sur ma droite) et un joueur de Tours, assez aggro (2 sur la gauche).
Pour le reste, 3 serrures, et 3 autres loose/weak sur qui j'ai un edge assez évident (ou une histoire propice à la confrontation).
Level 3
75/150
Je relance avec A8o (hijack) pour 425, le small blind me suit.
Flop 6
Vilain check, je bet 500.
Je pourrais très bien prendre la carte gratuite, mais je veux faire grossir le pot face à un joueur qui ne relancera pas.
Je prends le pot en n'optimisant pas, mais je renforce mon image aggressive et gagne des chips en mode easy poker, ce qui aide aussi à se sentir bien à table
1 orbite plus tard, je reçois KK en milieu de parole et relance à 440.
Je prends les blinds et montre mes Kings, histoire de récupérer en blinds futures ce que je n'ai pas pris sur cette main.
Peu avant la fin du niveau, je raise à 400 en UTG avec A
Flop T
Elle checke, idem pour moi
Turn 8
Elle checke à nouveau, je bet 700 car je sais qu'elle n'a rien de rien et que je vais prendre ce pot...
Elle me dit : “je sais que tu n'as rien”, et je lui réponds en toute franchise qu'elle est dans le même cas, et que je l'ai assez cernée pour savoir qu'elle me laissera ce pot
Relation de jeu très saine, aucun de nous ne cherchera plus la confrontation après cette main, sauf accident.
Suit un vol au cutoff avec 7
Stack 21 300
Level 4
Blinds 100/200
Une serrure en MP ouvre à 500, payé par Gentil loose, je call en BB avec A
Flop J
Je check en mode piège, MP idem, et Gentil ouvre à 800.
Je reraise à 2000, l'autre sort du coup, mon ami call.
Turn 9
Il check, je le mets sur AT- ou Kx.
Je mise 8 000 en overbet (hauteur du stack de vilain) pour lui faire payer très cher son tirage potentiel.
En plus, ça élargit mon attirail de moves à cette table et renforce mon image dangereuse.
Il folde, je prends un joli pot sans encombres
10 minutes sans action, je raise UTG2 avec Q8 pour 500 et prends les blinds.
Peu avant la pause, je raise à 600 en UTG avec 66, call de Gentil loose en BB.
Flop 9
Il checke, je décide de voir le turn pour créer un peu de value et voir sa prochaine action.
Turn 8
Il check, je bet 800 car lui laisser une carte gratuite de plus serait dangereux.
Il folde comme prévu, beaucoup de mains contre lui mais pas grand-chose à tirer de son stack postflop...
Voici la pause, je cours fumer ma clope et me détendre après ces riches 4 premiers niveaux.
Je croiserai Davidi et Sir Cuts, histoire de récolter des infos sur l'action du vendredi à Prague que je désespérais d'obtenir...
Jean-Marie est au dessus-de la moyenne, je ne vois pas Galax...
Rapide visite à nos reporters, mais 15 minutes, ça passe très vite

Gdersca, MagicFlo et BuddyKGB
A ce moment, je suis toujours à l'eau pétillante, ce qui prouve mon implication totale dans ce tournoi, la chope attendra
Level 5
100/200 (ante 25)
Je reçois AJ de coeur au bouton et call une relance de Gentil loose (600)
Nouveau tête-à-tête sur un flop K
Il mise 1100, et je dois avouer que je ne sais pas quoi faire...
J'ai la 2e paire, je suis monstrueux en terme d'amélioration de ma main et j'ai une longue histoire contre lui sur ces quelques niveaux.
Mon erreur est à ce moment de tenter le même move que précédemment, histoire de faire croire à un arrachage et une sur-agressivité sur sa personne.
Problème : il est trop prudent et patient pour tilter sur ce genre de piège, et je ne dois pas oublier que nombre de joueurs vivent un rêve éveillé en jouant ce tournoi, et veulent en profiter au maximum
Bref, je relance à hauteur de son stack en pur overbet, et il folde à nouveau, GRRRRRR
Cela dit, ça a au moins le mérite d'afficher une attitude de maniac à table, ça peut toujours servir en cas de jeu max
Suivent 2 relances preflop pour récolter les blinds, j'atteins la fin de ce level avec un stack de 26000.
Entretemps, j'aperçois Galax dans le public qui me fait signe qu'il est out, un de chute...
Quelques minutes plus tard, le speaker annonce un suckout en faveur du tenant du titre. Je jette un oeil vers la table, et vois Jean-Marie debout près des spectateurs, ça s'annonce mal.
Level 6
150/300 (ante 25)
Je reçois les As under the gun, une position décidément fructueuse en ce jour.
Je raise à 800, histoire de laisser la porte ouverte à un reraise, ce qui arrive immédiatement avec une relance à 1800 de mon voisin.
Gentil loose call, à ma grande suprise
Je décide de reprendre le lead en mettant 4300 au total, move destiné à faire le ménage et garder un seul adversaire.
Vilain voisin on tilt (sûrement grâce à mon agressivité passée) met son tapis, pour 9K au total.
Fold de Gentil loose, je paie évidemment debout sur la table, en priant contre un suckout.
Voisin dévoile A
Le board ne le sauve pas, et je passe à 37K, en mode euphorique.
A partir de là, je passe dans un monde parallèle peuplé de gros stacks qui viennent s'asseoir à la table, de voisins en rush, en perdition dans un désert de cartes.
Le n°2 final du tournoi, Xavier, nous rejoint avec un stack de 30K.
Jaybee (9e du tournoi) vient s'asseoir à ma gauche, avec son attitude désagréable en bandoulière.
Lorsqu'en plus, il touche un rush de cartes pour passer de 11K à 34K, je suis à 2 doigts du tilt.
En gros, je me fais déblinder sur les 2 niveaux suivants, perd des chips en route sur 2 relances non respectés, et j'accueille la 2e pause avec soulagement !
Petit tour chez les amis journalistes pour retrouver une atmosphère positive, détour au bar pour chercher une bière, un peu d'air frais et de nicotine, et nous revoici déjà à table...
Je suis stressé, énervé contre mon voisin (que les autres pensionnaires de la table attendent aussi au tournant, impressions recueillies à la pause) et veux retrouver une image active à la table.
Stack 32 000
Level 9
Blinds 400/800 (ante 100)
Je ne sors pas du désert, impossible de placer une relance entre les shorts qui s'envoient en l'air, et les gros stacks qui s'imposent mieux que moi.
Toujours aussi stressé, je vois Jaybee amasser des jetons sur ma gauche.
Mon stack ne fait pas encore pitié, mais n'importe quel observateur avisé passant à la table remarquerait ma mini-tour de gros chips, et le pâté de maisons du voisin qui s'en donne à coeur-joie sur les blinds...déduction : je suis en train de m'endormir en mode serrure et je suis inexistant à table.

Lors des levels suivants, je visualise la courbe de l'average en progression, et celle de mon stack qui chute lentement jusqu'à l'inévitable jonction.
Pas encore péril en la demeure, mais ça va devenir problématique sous peu...
Mon malaise finit par être physique, cette situation me file la gerbe, littéralement
Pas de mains, ni de spots favorables, et mes adversaires touchent assez de jeu pour me faire craindre un accident sur une tentative de vol.
Sur les 2 niveaux depuis le break, je n'ai réussi qu'une prise de blinds avec KJ au bouton, et une relance en SB avec 62o sur Jaybee pour taper sa BB.
Il reste une étincelle, je suis patient, mais ça ne pourra pas durer ainsi sur les 2 niveaux suivants, les orbites coûtent affreusement cher.
Après avoir cassé les tables du fond (situées dans une salle annexe), le staff s'occupe de celles de l'entrée.
Nous sommes sur la 5, la 3 vient d'être disloquée...à ce moment j'estime avoir encore 15 minutes avant d'être déplacé.
Level 11
800/1600 (200)
Stack 22 000
Average 28 000
Mon image supra-tight mer permet de passer un squeeze en SB sur un joueur loose/aggro, il relance à 4200, j'envoie 10 000 le coeur battant, avec T8 de pique.
Si il push la boîte, je suis committed et pratiquement obligé d'espérer avoir 2 cartes vivantes et un poil de chatte.
Il se couche, énorme ouf intérieur, je remonte à 23000.
Quelques minutes après, le floor vient nous distribuer les cartes de replacement, j'hérite du 5 de trèfle...pas d'histoire particulière sur ce chiffre, et la superstition ne peut pas être une planche de salut.
Je cherche ma table, fais le tour de la salle après l'avoir ratée une première fois, et atterris chez Antony Lellouche avec 21 600 chips, à 4 mètres de mon ancienne place.
Le temps de poser 2 ante, lancer une vanne à Antony L, et la table casse à nouveau : “That was nice, sir !”
Cette fois, c'est un 6 de trèfle au tirage, qui m'envoie direct chez Davidi et son monster stack de 85 000.
Le temps de prévenir “mes” reporters, de commander des photos à Gilles en mode groupie (on ne s'asseoit pas tous les jours à la table de Davidi dans un tournoi à enjeu, quand même !), et je prends place.
Petit clin d'oeil à notre ami champion du monde, que j'ai côtoyé à Namur il y a quelques semaines, et je passe à l'observation de la table.

Mes 2 voisins semblent avoir sympathisé et vouloir prendre des chips à Davidi, le chambrent sur la qualité de base de certaines mains.
Je suis donc au coeur de l'action, Kitbul sera bouton sur ma BB, mes voisins sont actifs, et les serrures/short sont en face.
Ambiance bon enfant à la table, 2 femmes encore présentes, nous sommes 86 joueurs en course, et il reste 33 minutes avant le dinner break.
Level 12
Blinds 1000/2000 (300)
Sur les 10 premières minutes, notre compatriote (ou plutôt, le votre) dévoilera AK et AQ en position tardive, histoire de pouvoir passer quelques poubelles avant la pause.
Il attaque notamment ma BB, je folde un vieux Q2, il montre un As.
Je suis à 19000, en respiration assistée, je me dis alors que c'est la dernière orbite, je dois faire quelque chose sur les 5 mains suivantes, pour ne pas mourir à petit feu et push mes 3 dernières BB juste après le repas.

Je laisse passer le bouton, cutoff et hijack avec des mains miteuses.
Je trouve alors une miraculeuse paire de Dames noires en milieu de parole, relance à 6000 pour créer un peu de value.
Nicolas, qualifié à Bruxelles, me call au cutoff avec un stack de 45 000, je le mets sur un As fort, voire une paire de Jacks ou Dix.
Flop K
Magnifique et dangereux à la fois, je push à hauteur du pot, car c'est ce que ferait n'importe quel joueur en bluff sur sa fold equity.
Longue réflexion, il finit par folder en me mettant sur AK et dévoile AQo.
Je ne montre pas la mienne, ce qu'il semble prendre un peu mal...je ne veux pas que la table voie mon jeu presque max, il faut garder un peu de mystère.
Je remonte à 27000, tout en me disant que j'aurais été bien plus à l'aise avec ces 13000 supplémentaires...
Nous atteignons la pause, juste après avoir été rejoints par l'ami de Tours, grande gueule sympathique avec qui j'avais passé presque 5h sur ma précédente table.
Dinner break
Une cigarette avec Davidi, nous parlons de son image à table, et plus généralement de la difficulté de jouer avec des amateurs, qui le respectent ou le ciblent excessivement...cela dit, il faut mieux faire envie que pitié, et sa principale qualité semble être le zen et le recul par rapport à tout ce qu'il vit depuis quelques mois.

Un tour chez les reporters, et direction la salle annexe où est servi le buffet, offert par l'organisation.
Je me rabats vite sur la file des plats chauds après avoir goûté l'infâme salade de poulpes, servie en quantités industrielles.
Cannelloni, pâtes au pesto et 2 demi-verres de rouge. C'est déjà trop, le stress du shortstack me serre quelque peu l'estomac...
Cela dit, ces 75 minutes de repos et discussion me font du bien, la présence des potes est plus qu'appréciable dans ma situation.
Level 13
Cest reparti, aux blinds 1500/3000 (500), nous jouerons encore 3 niveaux avant la fin du Day 1.
L'average est à 35 000, je suis à 26 000...autant dire que je ne devrai pas m'endormir !
Je suis simple spectateur pendant 10 minutes, Kitbul me prend une blinde, et joue énormément contre mes 2 voisins, pour le meilleur et pour le pire.
D'ailleurs, je laisse passer un KJ qui m'aurait donné 2 paires floppées.
Le coup s'emballe, mon voisin de droite fait un hero call avec K2o pour la top paire, et prend 35 000 à l'ami Davidi, pour endosser le costume de chipleader de la table (83 000) .
Regrets pour ma part, mais KJ est une main souvent injouable, surtout en shortstack...passons à autre chose !
Je pose ma small blind, regarde l'action, et ouvre mes cartes après un limp du bouton/chipleader.
A
Il ne reste plus qu'à m'installer aussi confortablement que possible, wait and see...
Fold de mes 2 adversaires, je prends 10 000 sur ce coup, de quoi me payer une orbite de survie, confort inestimable à ce moment du tournoi !
Pendant ce temps, je retrouve une vieille connaissance : Jenn “1977ben” s'installe à droite de Davidi.
Je suis agréablement surpris de la retrouver en vie dans ce tournoi, après l'avoir quittée en mauvaise posture à l'éclatement de la table 5.
Autour de nous, les supporters et spectateurs se massent derrière le cordon de sécurité pour observer l'action au plus près.
Je retrouve Jean-Marie et Miguel dans le public, après leur ITM dans un SNG apparemment burlesque...
Galax est aussi présent en soutien, son calme est précieux dans cette atmosphère tendue !
Gilles, John et Florian se relayent à la table, dès que l'accès leur est donné...tout comme les membres du Team Winamax, qui passent tour à tour envoyer une vanne ou un good luck à Kitai après leur élimination (Lellouche et Abecassis sautent lors de ce level 13).
ManuB a pris le micro et commente les éliminations, les anecdotes, les mains sortant de l'ordinaire.
L'ambiance est amicalement électrique, chacun veut voir le Day 2, les blinds sont chères, chaque décision est cruciale dans ce jeu de push or fold !
Je paie encore une tournée de blinds et ante, avant de trouver A
Le chipleader met 10K, je compte sur ma fold equity restante pour push 28K, et c'est parti pour une nouvelle prière aux divinités du poker !
L'increvable bouton tourangeaud envoie ses 6 000 jetons, et UTG instacall mon tapis.
Bouton : A
UTG : 7
Aïe, plus que 4 outs pour rester en vie, je suis mal !
A ce moment, je pense que Davidi m'envoie un peu de son célèbre génie pour dénicher le 4e As du paquet, et le poser délicatement comme première carte du board
Flop A
Turn X
Une dernière brique fait office de river, je perds le side pot dont je me fous comme de mon premier brelan, et empoche les 45 000 du principal, ainsi qu'un gros shot d'adrénaline en prime
Level 14
2000/4000 (500)
Je me sens bien, malgré la chaleur et la tension qui deviennent littéralement étouffantes.
Je tourne autour de la moyenne, bénéficie d'une image tight et sérieuse, et je suis en route vers le Day 2 de cette finale !
Je passe en mode observateur :
Davidi, créateur d'action
mes voisins, duo comique, grands amateurs d'acting
Monsieur le Tourangeaud, énooorme survivor, qui touche et choisit les bons spots, bondit comme un lapin Duracell et s'excite comme au stade
L' élimination de Jenn sur un coinflip, avec ce maudit AK (very good game, miss !!)
Comme toutes les bonnes choses ont une fin, je me fais un devoir d'éliminer mon bruyant adversaire.
A son habitude, il beugle “Allin !” et abat ses jetons sur le tapis, et le poing avec : image surréaliste de 2 jetons brisés en 4 morceaux (avis aux explorateurs, si vous trouvez cette photo, j'aimerais l'avoir).
Fold chez les joueurs suivants, jusqu'à ma BB, gardée par un AK de
Je paye debout sur la table, attend que les floors et les photographes s'occupent de ces jetons brisés, et voit avec plaisir mon adversaire dévoiler A9 de
Me voici à 66 000, la vie est belle !
Pas le temps de me remettre de mes émotions, je reçois A
Je ne veux pas m'emballer après avoir remonté un stack, une relance efficace me coûterait au minimum 15 000 de plus, et je serais pratiquement obligé de push or fold au flop, vu le jeu agressif de vilain.
BB checke pour voir le flop : A 9 T
Je check, car je sais qu'aucun des vilains ne possède un As (qui dit serrure dit temps pour observer avec détachement).
BB checke aussi, le bouton met un petit 6 000.
Je raise à 14 000 pour créer de la value et virer le big blind hors du coup, vilain met les 8 000 supplémentaires.
Turn K
Je pousse mes 48 000, protégeant ma main pour ne pas voir tomber une river maléfique.
Il fold et dévoile un 9, je mucke ma main car je le sens en tilt depuis 15 minutes, et l'incertitude peut très bien aggraver son état.
Me voilà à 96 000, il ne me reste plus qu'à recevoir les ondes positives et félicitations des amis, voler les blinds lors du dernier level, et regarder les joueurs tomber autour de moi...
Une seule main à raconter lors de ce niveau 15 :
Davidi pousse une 3e fois sur ma BB, j'ouvre une paire de 4. Longue réflexion, même si ma décision est prise depuis le premier instant.

POUR :
viser le gros stack, objectif TF avec un stack qui me propulserait dans le top 5
éliminer Davidi, et me faire de la place à table
prestige du call avec une mini-paire
CONTRE :
j'aimerais retrouver Davidi plus loin dans le tournoi
au mieux, c'est un coinflip et je risque de retomber sous la moyenne (50 000 si je perds le coup)
au pire, je suis face à une paire supérieure
Je finis donc par folder après l'avoir longuement scruté, et il me demande si je veux voir sa main.
Nous dévoilons, et je découvre son A3 de
Je ne tiens plus en place, je bouillonne intérieurement, me lève toutes les 5 minutes.
Finalement, le buzz de la dernière minute de ce Day 1 retentit, je fold ma dernière main et compte mes jetons, je reviendrai le dimanche avec 96 000 (average à 57 000).

Accolades, nouvelles félicitations, chope ô combien méritée et dégustée, il est l'heure du debriefing !
Je retrouve toute l'équipe au bar du Casino, Jean-Marie me raconte sa sortie sur une sick river, Galax nous explique sa main légitime preflop qui l'amène à exploser son énorme stack sur un scary board
C'est l'heure de la détente, nous restons sages, et délirons sur les évènements de la journée.
Le casino se vide, l'heure de fermeture approche.
Plus personne à la table de baccarat, je n'aurais pas le plaisir de d'observer cet incompréhensible jeu.
En tous cas, le récit de Galax me fait inévitablement penser à une variante du Kamoulox, je m'en veux d'avoir raté ça...
La table de Hold'em 5/5 est pleine, mais le concept est particulier : les Italiens jouent en No Limit/No Limit, c'est-à-dire que certains cavent à 5000€, histoire de se sentir à l'aise avec leurs 1000 big blinds
Nous quittons le casino, après un nouvel épisode surréaliste au vestiaire : Gilles et John qui essaient de faire comprendre aux employées qu'ils veulent laisser les laptops et les sacs au vestiaire pour la nuit, et récupérer leur veste.
Evidemment, travailler à la frontière avec la France et ne pas parler un mot de Français ou d'Anglais, ça complique le dialogue
Nous rentrons sagement avec Galax, John et Gilles, et laissons les fêtards sortir, il est déjà 2H30.
Un petit arrêt au snack pour mon dessert, durum au menu, bad beat sur une bière qui s'avère être sans alcool et dont le contenu fertilisera finalement l'une des jardinières de notre auberge
Une douche chaude après la douche froide forcée de Galax, je run so good !
C'est parti pour une bonne nuit de sommeil...
























